{"id":6475,"date":"2021-12-28T15:04:00","date_gmt":"2021-12-28T15:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/cmgmarrakech.com\/?post_type=expositions&#038;p=6475"},"modified":"2024-10-23T19:34:38","modified_gmt":"2024-10-23T19:34:38","slug":"loeuvre-revelee","status":"publish","type":"expositions","link":"http:\/\/cmgmarrakech.com\/en\/expositions\/loeuvre-revelee\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u0153uvre\u00a0r\u00e9v\u00e9l\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><strong>UN GESTE OC\u00c9ANIQUE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Y aurait-il une peinture oc\u00e9anique, de telle fa\u00e7on qu\u2019on aurait l\u2019impression, \u00e0 chaque coup d\u2019\u0153il, que chaque tableau est le d\u00e9tail d\u2019un autre en devenir ? L\u00e0 o\u00f9 les couleurs, en se superposant, forment une composition en mouvement scand\u00e9 ?<br><br>Marchons selon le rythme de cette question et de cette peinture comme si nous allions d\u00e9couvrir une plage solaire inconnue. Imaginons d\u2019abord une toile mouill\u00e9e (l\u2019eau maritime, le ciel, le bleu dans ses m\u00e9tamorphoses viendront apr\u00e8s), toile sur laquelle le peintre \u00e9tale de la couleur qui se dilue ainsi, donnant au peintre un droit de regard sur son \u0153uvre \u00e0 venir.<br><br>L\u2019invention commence par des touches. Imperceptiblement, cette improvisation semble danser \u00e0 la recherche d\u2019une forme dynamique sur une mati\u00e8re \u00e0 la technique mixte : colle, peinture, poudre, acrylique. Le peintre se sert de ses doigts, il se sert de pinceaux, ficelles, cartons\u2026 qui sont autant de prolongements de la main qu\u2019une exploration de l\u2019imaginaire au c\u0153ur de la mati\u00e8re. Remarques les effets de lignes obtenues par flagellation sur la toile avec une ficelle tremp\u00e9e dans de<br>la couleur. Entre le peintre et la mati\u00e8re, il y a toujours le secret initiatique de l\u2019invention.<br><br>On pourrait consid\u00e9rer toutes les couleurs d\u2019un tableau comme une ombre port\u00e9e sur la toile. Ombre qui bouge, tremble parfois ou se d\u00e9chire pour laisser appara\u00eetre, par exemple, la forme d\u2019une femme, elle aussi, oc\u00e9anique, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de signes, de touches et d\u2019algues de d\u00e9sirs.<br>Ce corps n\u2019est ni encadr\u00e9, ni encercl\u00e9 par le regard ; mais, comme tout corps, il suit le rythme de la mati\u00e8re. Pure r\u00e9partition du clair et de l\u2019obscur, il jaillit, ici, dans des postures d\u2019amour. Pourtant, la peinture n\u2019aime qu\u2019elle-m\u00eame et c\u2019est bien ainsi. De toutes les fa\u00e7ons, ce corps n\u2019appartient pas \u00e0 une peinture ornementale. Il est l\u2019effet plastique du mouvement de couleurs, de leur irradiation.<br><br>\u00c0 propos de sa peinture, et lors de nos entretiens, Kacimi me parle d\u2019une \u00e9criture v\u00e9g\u00e9tale. Mais telle quelle, cette v\u00e9g\u00e9tation ne renvoie plus \u00e0 l\u2019arabesque florale. Imaginez plut\u00f4t une arabesque int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la mati\u00e8re elle-m\u00eame, sous elle, comme les motifs de ce tapis qu\u2019on n\u2019aura la chance de voir qu\u2019en le touchant par un regard tout \u00e0 fait imaginaire. C\u2019est un r\u00eave. Le tapis qu\u2019on n\u2019aura la chance de voir qu\u2019en le touchant par un regard tout \u00e0 fait imaginaire. C\u2019est un r\u00eave. Le tapis dispara\u00eet sous la toile. Et si nous voudrions remonter le temps, car tout tableau est une place de m\u00e9moire, nous arriverions \u00e0 l\u2019id\u00e9e de palimpseste : chaque couleur est stratifi\u00e9e, gradu\u00e9e par les traces de l\u2019autre, des autres couleurs.<br>La couleur serait m\u00eame \u00ab un arbre de la m\u00e9moire \u00bb. Kacimi travaille sur un fond noir et bleu pour tous ses tableaux, c\u2019est-\u00e0-dire sur un beau contraste. De ce contraste est n\u00e9e cette s\u00e9rie : 5 + 12. Procession ni magique ni r\u00e9p\u00e9titive, mais contemporaine \u00e0 une nouvelle force picturale qui vient d\u2019un ailleurs. Peinture qui donne \u00e0 voir, avec une joie presque dionysienne, l\u2019\u00e9mergence de ce que vous voyez. Mais nous savons qu\u2019on peut regarder sans voir, voir sans voir. Telle est d\u2019ailleurs la chance paradoxale d\u2019une exposition.<br><br><strong>Texte extrait du Catalogue de l\u2019exposition \u00ab 4 peintres arabes \u00bb Institut du Monde Arabe-Paris- Printemps 1988<\/strong>.<br><\/p>","protected":false},"featured_media":6476,"parent":0,"template":"","class_list":["post-6475","expositions","type-expositions","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cmgmarrakech.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/expositions\/6475","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cmgmarrakech.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/expositions"}],"about":[{"href":"http:\/\/cmgmarrakech.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/expositions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cmgmarrakech.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6476"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cmgmarrakech.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6475"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}