Bidoun Unwan — littéralement « sans titre » — porte en arabe une seconde signification : « sans adresse ». Cette ambiguïté sémantique constitue le point de départ du projet. Être sans adresse, c’est être privé d’un lieu où être inscrit, situé, reconnu ; être sans titre, c’est aussi échapper à une désignation stable, à une catégorie figée.
L’exposition réunit Mohammed Arejdal, Larbi Cherkaoui, Mouhcine Rahaoui et Simohammed Fettaka autour d’une réflexion sur le déplacement, l’errance et les formes contemporaines de l’exil. Elle met en tension deux expériences du mouvement : Tarḥīl, le déplacement imposé, l’expulsion et l’arrachement à un territoire, et Tirḥāl, le mouvement nomade, la circulation comme mode d’existence.
À travers des pratiques et des langages plastiques distincts, les artistes interrogent les traces matérielles, sociales et imaginaires du déplacement : circulation des hommes et de la main-d’œuvre, disparition du nomadisme, traversée des frontières, migration des mots et transformation des territoires. Le projet pose ainsi une question centrale : qui a le droit de se déplacer, qui est contraint de partir, qui peut nommer son départ « voyage », et qui le subit comme arrachement ?







